La prochaine conversation du TyA-Bruxelles, réseau toxicomanie et alccolisme, aura lieu le 30 janvier 2021 !

Elle aura lieu en visioconférence de 9h30 à 12h30.

Inscription :

https://www.weezevent.com/22e-conversation-du-tya.

Les textes des cas cliniques vont seront envoyés une dizaine de jours avant la conversation.

Le thème de cette année : A CORPS PERDU

À corps perdu

Que notre corps contienne du feu relève de l’évidence (un monde
sans feu ferait pitié), mais l’essentiel est la direction que l’on fait
prendre à ce feu (1) .

Au cours de cette conversation, nous partirons de la prévalence des effets sur le corps de la
consommation de produits divers pour certains sujets. Ces effets sont recherchés en
réponse à un réel de jouissance logé dans le corps propre et que le sujet est appelé à traiter :
agitation, angoisse, nervosité, étrangeté, sensation de vide… Nous constatons en effet que la
consommation apparait aussi comme une forme de solution.

Mais de quel corps parlons-nous dans la clinique contemporaine ? Le corps est le lieu des
pulsions, perturbé, marqué par le langage qui y laisse des traces, qui fixe des zones de
jouissance en lien avec l’Autre. Mais « ce nouage n’est jamais abouti et, de ce fait,
symptomatique » (2) . 

Il apparait que pour certains, les manifestations du corps s’imposent
sans recours possible aux fonctions du fantasme et de la parole qui, dans d’autres cas,
cisaillent et canalisent la jouissance en jeu. Étonnamment, au plus le sujet est agité, au plus
son rapport à l’Autre semble vide ; au plus il est envahi par des événements de corps qui
l’assaillent, au moins il peut en parler.

Dans son parcours, a-t-il eu le choix et la possibilité de s’emparer d’autres formes de
solutions, plus symboliques que réelles ? L’action immédiate du produit sur le corps apparait
dès lors comme le circuit le plus court et d’une redoutable efficacité. Cependant, cette
solution rallume éperdument le feu qu’elle cherche à éteindre et parfois le sujet aspirera à
s’en passer.

Comment, alors, lui répondre ? Comment rallonger le circuit de la satisfaction en
introduisant de la perte, du manque, des étapes, des substituts, bref, en construisant avec
lui une sorte de nouvel appareillage où l’Autre retrouve une certaine place, et le corps une
certaine image ?

1 Yannick Haenel, La solitude Caravage, Fayard, 2019, p 209.
2 Vanderveken, y., Points de perspective clinique, Nouveaux appareillages du corps, Mental 30, 2013, p. 35.