Sortir de l’emprise intrafamiliale en contexte de crise sanitaire et audelà ? 23 Avril 2021 – 14h-18h - distanciel

Comment prévenir et déjouer l’emprise intra-familiale en contexte de confinement ?

Dans l’emprise, l’un prend sur l’autre un ascendant ; exerce un contrôle de plus en plus tyrannique ; tandis que l’autre renonce, lentement, parfois par amour et terreur mélangés, à sa liberté d’être humain. L’un exerce une violence imprévisible, d’abord psychologique puis, souvent, physique et sexuelle ; l’autre, dans la confusion, abusé, dénigré, terrifié, réduit progressivement sa surface vivante ; il perd confiance, s’en veut, se tait. L’un prend possession de l’autre, le nie comme être humain, le traite comme un objet ; l’autre se donne, jusqu’à vivre parfois une véritable dépersonnalisation. L’emprise porte atteinte à sa faculté de penser sa propre situation ; elle fait douter de ses ressentis ; elle engendre de la culpabilité. À un certain degré d’emprise, l’enfant ou le partenaire intime normalisent la violence et/ou les abus, ils s’en sentent responsable. Le couple et la famille deviennent un système fermé, les liens avec le monde extérieur s’amenuisent. Les proches sont aveuglés, indifférents ou impuissants ; les protections sociales font défaut. Se déprendre suppose souvent l’intervention d’un tiers, une offre de protection inconditionnelle, mais le confinement invisibilise et enferme, tandis que l’accès aux droits reste conditionnel. Les partenaires de cette journée d’étude ont analysé les systèmes d’emprise intra-familiaux et les processus de déprise. Ils proposent des réponses innovantes dans les secteurs de l’éducation, de l’aide, des soins, du juridique.